"Le modèle de l'artisan créateur indépendant peut prospérer dans la solidarité"

Photo d'Aliénor de Cellès, Mademoiselle Aliénor Février 2010

Aliénor de Cellès, créatrice de mode, artiste et entrepreneuse (Mademoiselle Aliénor) explique son choix de s'installer bientôt aux Docks en Seine.

Vous allez ouvrir un nouveau lieu à la Cité de la Mode et du Design (Docks en Seine), qu'y proposerez-vous ?

Je possède actuellement une boutique dans le 17e arrondissement, que je vais transférer dans ce nouvel espace de 85 m2. Il sera tricéphale, puisque j'y installerai également une partie de mon atelier de confection, et un bureau de presse spécialisé dans la promotion des jeunes créateurs. Dans la boutique, j'accueillerai d'autres créateurs qui, comme moi sont des artisans et travaillent, "in live", sur mesure, des créateurs confirmés qui ne sont pas forcément prêts à ouvrir une boutique mais pourront se tester en profitant de mon espace de vente. La présence de l'atelier nous fera gagner en efficacité en supprimant les contraintes de transports et de livraison. Il sera en partie ouvert au public puisque nous allons y proposer des cours de couture.

Pourquoi avoir choisi de rejoindre Cité de la Mode et du Design ?

Quand j'ai visité le lieu, je l'ai trouvé exceptionnel, par son architecture mais aussi sa configuration, son toit terrasse. Des bâtiments contemporains, rien d'historique à l'horizon, son point de vue sur la Seine. Et aussi par son challenge, sa visée internationale. Ce sera un lieu de ballade, dans un quartier qui en manque beaucoup et qui est plutôt froid. Commercialement, il est très bien situé pour nous, dans un environnement de bureaux qui représente une bonne clientèle. Les gens devraient s'y retrouver puisqu'il n'y a pas grand-chose autour : je suis obligée d'analyser la situation aussi sur le plan financier.

Quels sont les critères qui rendent possible l'installation de créateurs tels que vous dans des équipements mixtes, culturels et commerciaux ? 

Des lieux dédiés aux jeunes créateurs peuvent fonctionner à condition qu'ils soient gérés par des gens qui ont une bonne connaissance de terrain, qui connaissent les réseaux et puissent les en faire profiter. Dans mon cas, j'assume moi-même cette gestion puisque j'en ai l'expérience, et j'en fais bénéficier d'autres créateurs. C'est un principe de solidarité, qui me paraît nécessaire : nous voulons rester des artisans, cela ne rimerait à rien d'imiter les grandes enseignes. Et pour cela nous devons jouer le sur-mesure, la création, l'inimitable. Nous misons sur la lenteur et le savoir faire de proximité quand d'autres pensent rentabilité et débit.

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