"Nous voulons créer une architecture globale dans laquelle le consommateur nous voie partout"
Février 2012
Frédéric Dauche, président directeur général de Grand Vision France, prône le multi-canal mais ne croit guère à une explosion de l'e-commerce dans la vente de produits optiques.
Quelle est la stratégie de développement du groupe Grand Vision et quelle part y joue l'e-commerce ?
Nous avons la chance de pouvoir développer deux enseignes très complémentaire, Générale d'Optique sur un positionnement everyday low price, et Grand Optical, beaucoup plus sélective. Notre réseau offre encore de fortes possibilités de croissance et notre plan d'expansion prévoit l'ouverture de 40 à 50 magasins Générale d'Optique et 20 Grand Optical par an.
Les "pure players" de l'e-commerce de l'optique ne sont pas vraiment apparus sur les marchés prédictifs, aux États-Unis ou en Allemagne, sans doute parce que la vente en ligne est surtout adaptée au low cost. En revanche, le multicanal est incontournable : il faut utiliser l'e-commerce dans une logique de drive to store, soit pour trouver un relai de croissance, surtout pour ceux qui sont saturés en nombre de magasins ce qui n'est pas notre cas, soit pour ne pas perdre de parts de marché au profit des concurrents.
Nous allons donc ouvrir à l'automne les sites marchands de nos deux enseignes et développer notre présence sur les réseaux sociaux. Nous voulons créer une architecture globale dans laquelle le consommateur nous voie partout. Et bien sûr, nous ferons aussi évoluer nos magasins vers une offre plus étoffée de services dédiés, avec beaucoup de flexibilité pour le retrait, l'échange, le remboursement.
Comment voyez-vous l'avenir de l'optique ?
Je ne crois pas à une révolution sur ce marché. La législation et les contraintes techniques, surtout pour les verres progressifs, sont des freins importants. La contactologie représente 10% du marché, mais c'est un acte de vente assez simple. Pour le reste, c'est encore très marginal. Ces sites qui proposent d'essayer des lunettes avec une webcam restent très rudimentaires. Ils répondent aux questions esthétiques, mais on est très loin du compte sur le plan technique. L'optique reste un univers paramédical : le consommateur ne cherche pas seulement à se faire plaisir avec de belles lunettes, il a besoin d'une relation avec un expert en vision. Enfin il y a une raison structurelle : nous sommes sur un marché très fragmenté. La plupart de nos concurrents sont des réseaux coopératifs qui "agglomèrent" des opticiens indépendants : ceci n'est guère compatible avec une évolution rapide.