"Pour le J4, le premier défi est de créer un lieu d'animation cohérent avec l'offre culturelle"

Photo de François Jalinot, DG d'Euroméditerrannée Juillet 2009

François Jalinot, directeur général de l'Etablissement public d'aménagement Euroméditerranée, explique les raisons qui l'ont conduit à étudier "de manière exploratoire et itérative" un projet commercial atypique sur le J4 à Marseille.

Qu'est-ce que le J4 et comment voyez-vous son aménagement ?

Le J4 est actuellement un grand espace libre au bord de la mer. Il est inclus dans le projet d'aménagement de la façade maritime, qui va devenir à la fois la vitrine métropolitaine et la porte d'entrée touristique de Marseille. En 2013, Marseille sera capitale européenne de la culture, et beaucoup de choses se passeront ici, entre le Mucem [Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée], le Silo, la Minoterie, la Fiesta des Suds… Dans cette dynamique culturelle extrêmement forte, le J4 a un rôle particulier à jouer car c'est lui qui reçoit le Mucem et assure l'articulation avec le Vieux-Port. Il doit devenir un lieu d'animation, de vie, notamment le soir et le week-end.

Comment l'idée d'une programmation commerciale atypique vous est-elle venue ?

Le site est emblématique, mais un peu à l'écart des flux. Nous avions donc besoin d'un programme suffisamment fort pour attirer sa propre clientèle, tout en se démarquant du centre commercial des Terrasses du Port à proximité. Nous voulions aussi un projet cohérent avec l'offre culturelle, tant par le contenu et l'image que par les horaires.

En tant qu'aménageur, quel est pour vous le principal défi de ce projet de pôle commercial atypique ?

C'est vraiment de créer un lieu de vie, et nous savons bien que c'est le plus difficile à réussir dans les opérations d'aménagement. Il ne suffit pas de faire une belle architecture, pour s'apercevoir après que ça ne marche pas. A priori, nous devrions créer sur le J4 trois ou quatre pavillons dotés d'identités propres. Quand nous aurons stabilisé le concept à partir des pistes que nous explorons avec CVL, nous passerons à la phase de montage et de financement. Cela nous conduit à sortir du schéma classique de l'aménageur qui découpe son opération en charges foncières et les vend à un promoteur. Nous allons jusqu'à imaginer nous-mêmes le concept, dans une démarche itérative, pour obtenir la qualité que nous voulons sans nous en remettre à tel ou tel opérateur.

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