"L'investissement public ne peut pas tout faire, il arrive un moment où l'initiative privée doit prendre le relais"
Octobre 2011
Marc-Antoine Jamet, maire de Val-de-Reuil, est déterminé à développer le commerce au centre de cette "ancienne" ville nouvelle. C'est le complément indispensable au renouvellement urbain très ambitieux engagé depuis 10 ans.
Depuis une dizaine d'années, la transformation de Val-de-Reuil a été spectaculaire. Quels ont été les principaux changements ?
Cette ville, conçue en 1967 et créée en 1975 dans la perspective d'accueillir 140 000 habitants, était littéralement arrêtée dans son développement. Aujourd'hui nous pouvons espérer atteindre 20 000 habitants dans les 10 ans qui viennent. Le renouvellement urbain que nous avons engagé, soit 100 M€ d'investissement public en 10 ans, est une deuxième chance pour la ville. Il nous a permis de rénover 4000 logements sur 5500, de refaire des espaces publics, un commissariat, un collège et d'autres équipements. C'est en partie cela qui a incité de grandes entreprises comme EDF, Orange, Sanofi, BNP, EADS à y investir.
Vous voulez aujourd'hui dynamiser l'activité commerciale, pourquoi ?
Le sous-équipement est manifeste. Nous n'avons qu'une centaine de commerces, dont la moitié s'adressent surtout à la clientèle de passage sur l'autoroute. Une fois enlevés les hôtels, les restaurants, les "drive", il n'en reste qu'une cinquantaine, dont quelques vendeurs de téléphones portables… le constat est terrible ! Les besoins sont évidents pour les habitants, mais aussi pour les entreprises, et pour les bourgs voisins : au total, 35 000 habitants sont concernés. Et il ne faut pas négliger l'emploi. Un boulanger a réussi à en créer 30 à Val-de-Reuil en développant des activités de traiteur, pâtisserie, etc.
En quoi est-ce aussi un projet de développement urbain ?
Il n'y a pas de vraie ville sans une ambiance de centre animé, sans une certaine densité commerciale. Le commerce de Val-de-Reuil n'est pas seulement faible, il est très dispersé, la commune étant très étendue. Il faut donc créer ce centre. Nous sommes en train de faire passer le taux de logement social de 93 % à 60%, en construisant des logements, mais pour que les classes moyennes que nous cherchons à attirer les achètent, il faut qu'elles trouvent des commerces à proximité, sinon, elles ne viendront pas. Nous avons coché toutes les cases de ce que la puissance publique pouvait faire pour relancer cette ville, il arrive un moment où l'initiative privée doit prendre le relais.
Voir la mission de Convergences-CVL à Val-de-Reuil